INTELLIGENCES,
différentes par nature.

3 juillet 2021 - 2 mai 2022

Affiche_Intelligences_400X600.jpg (NM 2021-04 80x120 EXPO Intelligence...

Les Anciens pensaient que l’intelligence était le propre de l’Homme. Animaux et plantes n’avaient pas droit à ce privilège.Aujourd’hui, sous l’effet des recherches scientifiques, se fait jour une conception élargie de l’intelligence :   capacité   à   apprendre,   mémoriser,   communiquer,   comprendre   son environnement et s’adapter à des situations inconnues.Les   porteurs   d’intelligence   sont   ainsi   plus   nombreux :   bactéries,   végétaux,   animaux,   et intelligences artificielles sont éligibles ! Les formes d’intelligence sont désormais plurielles et incomparables.

Création du muséum de Nantes, de l'Espace des Sciences de Rennes, des musées québécois de Saguenay et de Sherbrooke et de Science by Art.
Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le Ministère de la Culture. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l'État.

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Étienne Klein, parrain de l’exposition
VERS UNE MEILLEURE INTELLIGENCE DES INTELLIGENCES

Nous n’avons pas toujours parlé intelligemment de l’intelligence.
Bien souvent, nous l’avons considérée comme une capacité aux caractéristiques bien définies et mesurables, réservée aux seuls humains qui la posséderaient à des degrés divers. Elle a ainsi pu
servir de démarcation entre l’espèce humaine et le reste du monde vivant. Même s’il y eut quelques rares exceptions, telle l’abeille, sur laquelle, poussés par quelque lyrisme déplacé, nous
avons projeté toutes sortes d’attributs parfois arbitraires, qui l’ont symboliquement « sur-gonflée » : nous l’avons décrite tantôt comme un puits de science, tantôt comme un modèle de vertu, et nous avons tiré de l’étude de son comportement des leçons d’industrie, de domination, d’organisation, de poésie, de piété, de chasteté ou au contraire de butinage. Cela faisait bien sûr trop pour une seule petite bête. Mais dans la plupart des cas, nous n’hésitons pas à considérer que nous autres bipèdes cortiqués avons le monopole de l’intelligence, qui ne saurait exister chez les animaux que sous une forme inaboutie et très embryonnaire : n’est-il pas conforme aux apparences (et donc « évident ») que les poulpes ou les vers de terre, par exemple, sont aussi bêtes que les pieds qu’ils n’ont pas ?
En réalité, à mesure que leurs recherches se sont déployées, les éthologues ont pu établir que les choses ne sont ni si radicales ni si compartimentées : il n’existe pas une, mais des intelligences, pas toujours commensurables les unes aux autres, de sorte que l’idée même d’une hiérarchie entre elles ne peut plus être fermement considérée. Dès lors, au lieu de persister à croire que l’intelligence relèverait d’un schème unique, il convient de lui attribuer une épaisseur spectrale : elle peut être collective, distribuée, systémique, et même « chorégraphique ».
C’est ce que montre magnifiquement cette exposition, qui donne à voir que les différentes sortes d’intelligence sont la déclinaison des diverses ressources d’adaptation que se partagent les êtres vivants, dont les conditions de vie et les contraintes environnementales, violemment hétérogènes, démultiplient et enrichissent la façon d’être, ici ou là, « intelligent ». En retour, par une sorte d’effet miroir, elle nous invite à parler de façon plus intelligence de notre propre… intelligence !
Étienne Klein
Physicien et philosophe des sciences au CEA

 

Laurie Rousseau-Nepton, marraine de l’exposition
L’intelligence est quelque chose qui se présente sous plusieurs formes. Dans nos interactions quotidiennes avec notre famille et nos amis, nous constatons que chaque individu présente des forces et des faiblesses, et que l’intelligence comprend plusieurs facettes, que ce soit la logique d’un scientifique, les réflexes d’un athlète, l’instinct d’un chasseur ou encore l’intelligence émotionnelle d’un ami qui sait spontanément comment nous nous sentons. Chacune de ces facettes façonne notre personnalité et nous rend unique. En contemplant la nature qui nous entoure, les plantes et les animaux, nous réalisons que l’intelligence est partout autour de nous et que nous avons beaucoup à apprendre des autres espèces. En vivant dans un équilibre fragile avec un environnement complexe, et en s’adaptant aux périodes de changement, toutes les formes de vie sont, en quelque sorte, intelligentes. En tant qu’astronome, on me demande souvent s’il y a d’autres formes de vie intelligentes ailleurs dans l’univers. Pour l’instant, nos observations ne nous ont pas permis de les trouver. Entre-temps, avec la diversité des formes de vie sur notre propre planète et leurs façons étonnantes de dévoiler leur intelligence, il y aura de quoi nous tenir occupés pour les prochains siècles à venir.
Laurie Rousseau-Nepton
Astrophysicienne à l’Observatoire Canada-France-Hawaï

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