En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres.

Néandertal en Anjou

Le muséum de Nantes présente le site de Roc-en-Pail, situé sur la commune de Chalonnes-sur-Loire (49), unique site en Pays de la Loire à avoir livré des restes néandertaliens et, à l’échelle de la France, un des très rares sites de plein air d’où proviennent de tels restes humains.

« Au pied d’un coteau calcaire, proche d’un cours d’eau, Roc-en-Pail rassemblait les conditions idéales pour être un lieu de vie animale et d’activité humaine. Cet espace a d’abord été une forêt ouverte, sous un climat tempéré frais, peuplée de bisons, de chevaux, de cerfs, d’aurochs puis s’est transformé en une steppe froide parcourue par les rennes. La présence de nombreux outils et de quelques restes humains, atteste que ce lieu était fréquenté par Néandertal »
Sylvain Soriano, préhistorien, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique, étudie ce site depuis 10 ans

Stratigraphie Impression_500X631_legende.jpgDans notre région, Néandertal avait installé son campement nomade au bord de l’eau àRoc-en-Pail.
C’est avec minutie et avec des outils de mieux en mieux adaptés que ce site est étudié par les préhistoriens dont le sens de l’observation affûté permet de détecter les moindres indices. Entre 1945 et 1949, le Docteur Gruet exhume de ce site un fragment d’humérus, une moitié de maxillaire et une molaire. Dans son étude publiée en 1950, Gruet attribue ces restes à Homo sapiens, c’est-à-dire à l’homme de Cro-Magnon. Des études menées ultérieurement par Christine Verna ont permis de statuer : l’humérus de Roc-en-Pail est en réalité celui d'Homo neanderthalensis !
Le Docteur Gruet fut également frappé par l’abondance des bois de rennes trouvés sur le site. S’interrogeant sur leur utilisation, il proposait qu’ils aient pu servir de clôture et d’armes de chasse. Mais là encore de récentes études ont démontré que la fracturation des bois résultait de phénomènes naturels, principalement le gel. Enfin, leur analyse montre qu’il s’agit surtout de bois de chute de femelles et de daguets (jeunes). Il s’agit vraisemblablement d’accumulations naturelles qui se sont superposées aux vestiges des occupations paléolithiques. Les nombreux outils, de type moustérien, confirment que ce site a été fréquenté par Néandertal, entre – 85 000 et – 55 000 ans.

Le Moustérien est une culture du Paléolithique moyen (de - 350 000 à – 45 000 ans) caractérisée par un développement d’outils obtenus à partir d’éclats de pierre. En Europe, il est caractéristique de Néandertal.